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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 16:28

 

“Tout suffocant

 Et blême, quand

Sonne l’heure

Je me souviens

Des jours anciens

Et je pleure »

Chanson d’automne,
Paul Verlaine


 

 


I.

Verlaine, c’est l’absinthe,
La douleur et la plainte,
D’une âme incomprise
Qui se méprise.

Les larmes d’une mère
Pour un fils en bleu
Qui se noie dans un verre
Malgré ses vœux.

Les larmes d’une femme
Pour un homme blême
Qui tiennent en haine
Sa fétide haleine.

Ce qui étouffe ce cœur
Qui retient ses larmes,
Ce qui ronge cette âme
Qui compte ses heures,

C’est d’abord la peur
Ravalée avec un verre.
Puis c’est la torpeur,
Baignée de l’enfer vert,

Où la senteur écœurante
De l’absinthe luisante
Rend vibrantes
D’obscènes bacchantes.

II.

Un chef d’œuvre est né ;
Le calme retombé ;
Le remords réinventé
Et ses indicibles cruautés

Le poète de l’automne
Regarde d’un air atone
Des heures la marche monotone
Pour un peu il prie la madone…

Mais jamais ne retient
La pureté de l’enfance
Dont le cruel reflet danse.
Alors la soif revient…

 

III.

Une calvitie affaissée
Inconnue et moquée
A la table d’un café
Maudite destinée

Ca et là un soleil beau
Traverse cette mélancolie
Et c’est Rimbaud
Mais c’est aussi Folie

Est-ce donc à cela
Qu’est condamné le Génie ?
Où est l’enfant de Marie ?
Il est pourtant toujours là :

C’est le vers menteur
Qui ronge le cœur
C’est le souvenir
Qui luit moqueur

C’est le remords
Amitié particulière
Qui froidement mord
Jusqu’à la bière.

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Published by Marie-Virginie - dans Un peu de poésie
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commentaires

Aend 03/04/2009 15:56

Tiens tiens tiens...
Bonjour Monsieur Verlaine!
Toujours un plaisir de retrouver ceux que l'on a déjà lu, que ce soit tout ces poèmes ou vous même!

Bravo,
J'espère que d'autres amis rejoindront les présents!

L'orange Maltaise

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