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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 09:09

 

 

 

 

 

A Anthony qui m’a dit un jour

Aimer le prophète des miettes[1]

 

 

 

 

 

Il garde l’église comme on garde le lit

Prisonnier à vie

D’un père anxieux et craignant Dieu.

Et qui a fait un fils déjà vieux.

 

Il ne peut aimer

Seulement chercher et pleurer

Etudier et prier

Vivre et pêcher en pensée.

 

Amer, il n’a pas de mère,

Il regarde les autres faire,

C’est la faute du père

Qui le fait se taire.

 

Soren est un génie,

Mais il a peur d’être puni

Soren est un génie,

Mais il n’a pas de vie.

 

Le petit Soren a bien  grandi

Il joue de l’esprit pour tromper l’ennui

Et serait bien un peu dandy…

Mais l’ennui c’est ce que va dire daddy.

 

Soren est prétentieux

Il peut se le permettre

Lui qui sonde le tréfonds de l’être

Sans pour autant être prêtre.

 

Soren est un génie,

Mais il a peur d’être puni

Soren est un génie,

Mais il n’a pas de vie.

 

L’homme éthique,

Son propre ennemi,

Mène le combat épique

De la foi contre l’envie.

 

Malheureux faute de mieux ;

Chercher et pleurer,

Etudier et prier…

En espérant vivre un peu.

 



[1] Soren Kierkegaard est l’auteur notablement d’un court essai poétique, Les Miettes philosophiques (1844), qui traite de la question du disciple dans son acception christique et la compare à la vision socratique. Kierkegaard a vécu une enfance solitaire et fortement marquée par la présence écrasante de son père. Ce même père était un homme très religieux et inculqua au jeune Soren les notions de faute, de culpabilité, et de crainte de Dieu qui lui sont restées toute sa vie.

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Published by Marie-Virginie - dans Un peu de poésie
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commentaires

Aend 03/04/2009 14:16

...
Comment arrives-tu aussi fluidement, aussi délicatement à raconter ces histoires du monde de la pensée en nous transportant à celui des sentiment?

J'aime beaucoup!

L'orange Maltaise

  • : L'orange maltaise
  • L'orange maltaise
  • : « Il pourrait se trouver, parmi [mes lecteurs] quelqu’un de plus ingénieux ou de plus indulgent, qui prendra en me lisant ma défense contre moi-même. C’est à ce lecteur bienveillant, inconnu et peut-être introuvable, que j’offre le travail que je vais entreprendre. Je lui confie ma cause ; je le remercie d’avance de se charger de la défendre ; elle pourra paraître mauvaise à bien du monde ! » (Mémoires de la Duchesse de Dino, 1831)
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