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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 00:27

 




 



 

J'écoutais Glenn
Penché sur son clavier

Et coulant en moi-même

Je me laissais doucement glisser

Vers le fond d’une lagune que je dessinais.

 

Plus de pianiste à la tête penchée,

Chaque note était un pas de ma pensée

Qui dérivait, quelque peu égarée,

Contente de sa naïveté

Et du doux confort rêvé.

 

Mon crayon courait sur le papier,

Mes pensées confuses se mêlaient,

Mais comme la lagune

Sous le clair de lune

Un courant les traversait.

 

Ou était-ce la lune

Dansant comme ma plume

Sur la lagune sans fond ?

Quand on tombe si profond

Le sens s’efface sans bruit

 

Et un autre moi surgit…

Soudain une pensée importune

M’arrache à mes instants !

Qu’il était doux pourtant,

De se noyer sous la lune…

 

Tout mon rêve se concentre en un point,

Il implose, puis disparaît.

Il ne m’en reste que mon dessin.

Mais pourquoi puis-je encore

Entendre ma musique alors ?

 

Comment a-t-elle fait

Pour sortir de cette petite tête

Où sont emprisonnées tant d’idées ?

Alors seulement je comprends

A qui j’ai dû cette fête :

 

J’écoutais Glenn

Penché sur son clavier

Et coulant en moi-même

Je me laissais doucement glisser

Vers le fond d’une lagune que je dessinais.

 



J’écoutais à ce moment les Variations de Goldberg de J.S. Bach interprétées par Glenn Gould
[1], probablement l’une des interprétations les plus célèbres du répertoire classique. En témoignent les profits engrangés par le label Sony Classics, qui compte Glenn Gould parmi ses « best-sellers ». Un incontournable donc que ce pianiste de jazz jouant du baroque. J’ai pour ma part toujours été sensible à la sonorité particulière et, peut être plus encore, à l’investissement corps et âme du pianiste dans son jeu. Il faut rappeler que Glenn avait pour habitude de s’accompagner au piano en fredonnant les pièces qu’il jouait. A vrai dire, cette façon particulière de s’accompagner est mieux rendue par le verbe anglais « to hum » qui évoque bien le genre de bourdonnement qui en résultait sur les bandes-son. Et de fait, cette habitude assez remarquable a donné du mal à bien des ingénieurs du son…




 

[1] Glenn Gould (1932-1985) est un pianiste né et mort à Toronto. Ayant commencé le piano avec sa mère, lointaine parente du compositeur norvégien Edvard Grieg (1843-1907), il poursuivi ses études au Conservatoire Royal de Musique de Toronto, sous l’égide du pianiste chilien Alberto Guerrero (1886-1959).  Il est considéré comme l’un des plus grands pianistes du XXème siècle, certains amateurs de musique classique le « détestent », d’autres l’adorent, toujours est-il qu’il ne laisse pas indifférent. Il a donné de nombreux concerts, essentiellement sur le territoire américain. Il existe deux versions des interprétations de Glenn Gould : une date de 1955, l’autre de 1982.  Pour une meilleure compréhension de personnage, les films tournés avec Bruno Monsaingeon (*1943) sont à recommander.


 


 

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Published by Marie-Virginie - dans Un peu de poésie
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