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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 01:34

 

Georg Friedrich Haendel

Sarabande en ré mineur HWV 437

 

 

I.

 

 

Glissent les premiers pas

D’une antique sarabande,

Appelant du monde d’en bas

Le peuple noble des cœurs las.

 

Et s’avancent en une marche grave

Les beaux seigneurs courtois,

Leurs belles dames au même pas.

Ils viennent danser une fois encore,

 

Ils dansent en vain, ils dansent pour rien,

Pour voir un seul instant,

L’esprit fort et impuissant,

Elever la chaire morte à travers le néant.

 

 

II.

 

 

Ils se tournent lentement

Et se saluent longuement

Puis ils s’invitent d’un geste élégant

Le regard droit, ils dansent en se frôlant

 

Comme des lettres sur du beau papier,

Comme des lettres patiemment enluminées

Leurs pas se joignent pour se séparer

Elégance sombre et grâce compassée

 

Ils dansent ainsi pour l’éternité.

Il y a derrière leurs visages graves

Tant de choses tues, péchés et bontés,

Noyés dans les eaux claires de l’Algarve

 

Comme leurs larmes de cristal retenues

Se cachent sous une beauté émue.

Les seigneurs se croisent, arabesque a trois temps,

D’un pas toujours égal et lent.

 

 

III.

 

 

Et les dames répondent pareillement.

Leurs cous de cygne, émergeant

D’un lac de brocard sans espoir,

Portent toutes les richesses enfouies sous les mers noires.

 

Toutes les mains promènent d’une grâce éthérée

Les chevalières d’or, qui sans remord

Ont scellé de leurs armes incrustées,

Les lettres de cachet aux pouvoirs de mort.

 

Et toujours le tambour qui sonne et qui roule,

Comme le temps qui s’écoule,

Comme un corps qui s’écroule,

Pour rappeler au violon exalté,

 

Qui s’abîme en un geste sublime

Comme on prie face à l’abîme,

Que mes seigneurs dansent ainsi pour l’éternité

Au seul pouvoir de sa volonté.

 

 

 

 

 

 

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Published by Marie-Virginie - dans Un peu de poésie
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