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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 21:47


Une seule fois je l’ai vu nu,
Quand de colère il a jeté

 

Le sobre habit teinté
De la coupe amère qu’il a bue.

 

 

 

 


Il eut un sourire étrange,

Le silence de torpeur

Qui annonce le vol de l’ange

Destructeur.

 

Se leva dans ses yeux en peine

Une mer de haine

Et lui, submergé, inondé,

S’y noyait avec volupté

 

Il respirait cette eau noire de jais,

Qui seule apaisait

La chaire brûlante du passé,

Qui seule comblait

 

Le gouffre désespéré.

Il était calme en cette mer déchaînée

Tout en lui était d’accord

Tout en lui était du même bord.

 

Sa vie sans sens rayonnait

De la force obscure qui grondait.

Juste puissance et profonde unité,

Les coups au visage, les coups de pied,

 

Les insultes, la douleur et la peine

Tout se mêlait en une aveuglante obscurité

  L’ennemi à abattre, objet de la haine :

Le genre humain tout entier.

 

Et son sang oxydé chantait

Le sauvage refrain

Haine, haine, haine…

Il était prêt.

 

Il fut si rapide

Dans l’espace vide

Et tombant le père en abattant son poing

Il n’eut pas un regard pour l’enfant qui fuit au loin.

 

 

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Published by Marie-Virginie - dans Un peu de poésie
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