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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 00:53

Wilhelm-Kempff-copie-1.jpg

 

Wilhelm Kempff

Portrait au crayon gris

(2007)


 

 

Chaude soirée du mois de juillet, je suis à mon bureau. J'écoute distraitement quelques pianistes interpréter le même morceau. La Sonate au clair de lune, premier mouvement, adagio sostenuto. Probablement la pièce pour piano que j’ai le plus souvent entendue. Distraitement. L’interprète change. J’entraperçois un pianiste derrière son Steinway, encore. Je vaque à mes occupations. Premières mesures. Ah ! Mais c’est que ces premières mesures ont quelque chose de très particulier. Celui-ci n’est pas comme les autres. Je prête l’oreille, cela sonne... comment dire ? Très juste ? C’est exactement ça. C’est cela que j’attendais depuis des années. Comment, quatre ou cinq mesures de cette pièce que j’ai entendue tant de fois et je sais ? A peine quelques minutes à l’écouter jouer et je comprends ?


Le pianiste n’est autre que Wilhelm Kempff, que j’avais ignoré jusqu’ici. J’aime les personnalités exceptionnelles, les interprètes remarquables, les Cziffra, Gould, Lipatti et autres Michelangeli... Qu’on les aime ou qu’on les déteste, ils ne passent pas inaperçus. Entendre Cziffra jouer les Rhapsodies hongroises est un éblouissement. Seulement là, c’est autre chose. Kempff, j’aurais voulu l’avoir pour ami. Ce soir là, il m’a tendu la main. Qu’il est beau et qu’il est doux d’avoir un ami... Le mot le plus juste, est celui de Sibelius qui disait qu’il jouait non pas comme un pianiste, mais comme un être humain. Quelle profonde sympathie et quelle profonde humanité dans cette musique! Ce soir là, comme j’avais un crayon gris à portée de main, j’ai commencé à dessiner...

 


 

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Published by #21164 - dans Art
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