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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 21:05

 

 

 

Give a little time for the child within you,

Don’t be afraid to be young and free

Undo the locks and throw away the keys

And take off your shoes and socks, and run you.

 

La, la, la…

 

Un peu de légèreté en cette veille de week-end : une petite chanson de Free Design, groupe américain qui a officié à la fin des années 1960 et au début des années 1970 (1967-1972). Il se trouve que c’est la musique qui accompagne la nouvelle campagne de publicité Toyota. Mon petit post tombe d’ailleurs tout à fait bien puisque le PDG de la société, Akio Toyoda, s’est excusé publiquement ce vendredi des rappels répétés de véhicules défectueux. Huit millions de véhicules tout de même, y compris les fameux véhicules hybrides qui sont tellement tendance… Soyez sûrs qu’il y a des têtes qui ont sauté. Heureusement pour Toyota, les constructeurs américains, Ford notamment, ont aussi quelques difficultés techniques en ce moment. Non, non, je n’ai pas d’actions Toyota, mais j’ai eu l’occasion de conduire deux générations de RAV 4 et franchement j’en garde plutôt un bon souvenir.

Légèreté donc. Un petit week-end à la campagne se profile, reste à préparer la maison pour que dimanche soir ce ne soit pas la grande dépression en rentrant. Don’t be afraid to be young and free. Facile à dire les enfants. Si facile. C’est sûrement pour ça que je n’y arrive pas: c’est trop facile. Pourtant le nombre de fois où j’ai eu envie de tout envoyer balader, le nombre de fois où j’ai eu envie de me lever et de partir, où j’ai eu envie de dire aux gens qu’ils m’emm***** magistralement, que rien de ce qui était important pour eux n’était important pour moi... J’ai suivi le système, j’ai suivi les règles, j’ai fait ce qu’on attendait de moi, et maintenant bye bye. Undo the locks and throw away the keys

 

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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 01:12

 

 

teddy.jpg

 

 

 

Est-ce une scène de film, est-ce un acteur hollywoodien ? Et non, il s’agit de Monsieur Teddy Tahu Rhodes, chanteur lyrique néozélandais, qui interprète le rôle de Stanley Kowalski dans une version opératique d’Un Tramway nommé désir. Teddy Tahu Rhodes, qui comme son nom l’indique, a des origines maories, est probablement le plus fit de tous les chanteurs lyriques de la scène contemporaine. Ce baryton d’un mètre quatre vingt quinze n’est pas seulement mince, il est aussi franchement musclé, beau gosse à la manière virile dira-t-on. On notera au passage que c’est sans doute le seul chanteur d’opéra qui ait jamais chanté sur scène en faisant des pompes. Et la voix? Il chante tout à fait correctement, c’est un euphémisme. Un beau baryton titrant sur la basse, profond, bien ancré. Il a même ce petit plus, le talent d’acteur, et un certain charme, même un charme certain.

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Teddy ne ressemble pas à ses collègues. Nous sommes habitués aux ténors bien enrobés. Certes Carreras est très svelte depuis sa maladie et Kraus était plutôt mince, mais Domingo a franchement de l’ampleur, tout comme notre Alagna national, quant à Pavarotti, il était hors concourt. Seulement Pavarotti, quelle voix et quel charisme ! Il est clair qu’il pouvait se le permettre. Si l’on regarde du côté des barytons, on retrouve des Bryn Terfel, Hermann Prey, José Van Dam, et autres Ruggero Raimondi, tous plutôt enrobés. Aux cantatrices on associe toujours une image de femme corpulente, un genre de Mme Castafiore. C’est la tradition des volumineuses cantatrices italiennes à la Tetrazzini, cantatrice notoirement gourmande qui a d’ailleurs donné son nom à un plat fort riche (et délicieux) que l’on peut déguster outre-Atlantique. Il fut un temps où Maria Callas pesait près de cent kilos et que dire de Joan Sutherland ? En 2004 Deborah Voigt a vu son contrat pour jouer Ariadne auf Naxos interrompu par Covent Garden pour cause d’obésité. Il fallait rentrer dans la robe de scène…

Il court une sorte de légende selon laquelle pour bien chanter, pour avoir du coffre, il faudrait être énorme. Aussi, on pense qu’une cantatrice qui maigrit va automatiquement perdre sa voix. Il y a des traits physiques liés aux types de voix, il y a sûrement des considérations anatomiques à prendre en compte, la conformation de la gorge et de la cage thoracique notamment. Mais la voix et sa qualité peut-elle être liée à l’embonpoint d’une personne ? Pas besoin d’être une mamma italienne pour avoir de la voix.

Maintenant, loin de moi l’idée qu’il faille que tous les barytons ressemblent à Teddy : pas besoin non plus d’avoir un physique d’athlète. L’opéra, c’est de la représentation. Si l’on peut faire avec des décors minimalistes (je me souviens d’une formidable Traviata au décor dépouillé signé Willy Decker au festival de Salzbourg en 2005), on peut faire avec le physique d’artistes qui « conviendrait minimalement » au rôle. Qu’importe que les soubrettes n’aient pas quatorze ans, parce que la voix d’une femme s’épanouit sur les quarante ans. Qu’importe que Lucia di Lamermoor soit énorme dans sa robe virginale, si elle a la voix de Joan Sutherland. Il y a bien trois choses différentes, la voix (qualité et expressivité), le jeu sur scène et la plastique, pour être un grand chanteur, la première suffit quoi qu’on en dise. Une belle voix exprime quelque chose. Un personnage à l’opéra, c’est d’abord une volute de notes sur une portée. Ce sont des voix que les grands compositeurs ont habillées, auxquelles ils ont parfois taillé des costumes musicaux sur-mesure.

 

 

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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 00:36


Si je dis black coffee, je parle ni de la pièce d’Agatha Christie, ni de ma passion pour le café noir, mais d’une chanson de 1935. Et plus précisément, d’une chanson interprétée par Marjorie Stedeford. 2009 marquait le cinquantenaire de sa mort, un anniversaire pour le moins passé inaperçu. A moins d’être fin connaisseur de la musique de l’entre-deux guerres, il y a en effet peu de chance que l’on connaisse Marjorie. Mais on est vite charmé par celle qui a chanté avec tous les groupes en vogue de l’époque, des Rythmics de Mario Lorenzi aux Boy Friends de Caroll Gibbons. The voice you love to hear comme l’annonçait radio Luxembourg, une voix grave, pleine, un genre de bariton et en même temps une voix sensuelle et féminine, gageure difficile à tenir. Charmante Marjorie, fille de Melbourne qui fit un beau voyage à Londres avant de s’en retourner dans  son pays. Mariée un enfant, chanteuse à la radio, exit la scène londonienne, les gens heureux n’ont pas d’histoire. Mais écoutons-là en 1935, elle n’avait que 26 ans…

 


 

 

 

 


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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 12:21

 

 

 

 


A mes défunts amis
Serigu (Celibidache), Carlos (Kleiber) et
Karli le sac à pommes de terre (Karl Böhm) ( photo)

 


 



Si l’on en croit le Marquis de Vauvenargues, « c’est un grand signe de médiocrité que de louer toujours modérément ». Le chef d’orchestre Sergiu Celibidache est passé très loin de cet écueil, puisque lui, comme nous alons le voir, préférait louer immodérément. Le maestro a beaucoup étudié : théorie musicale, musicologie, philosophie, phénoménologie, bouddhisme zen, il n’a rien laissé de côté. Et en bon maître zen, il dispensait ses enseignements exclusivement par oral. En revanche, ses colères ainsi que ses remarques faites à ses jeunes élèves étaient nettement moins zen. « Poses-tu toujours des questions aussi stupides ?»  « Pourquoi est-ce que tu es en retard [sur l’orchestre], tu as des rhumatismes ? » « Est-ce que tu joues [du triangle] avec une cuillère à soupe ?» C’est le bouddhisme à l’occidentale je suppose. Lorsque l'on dit théorie musicale et philosophie, on pense immédiatement à Theodor Adorno. Et c’est là qu’on découvre que Celibidache a un goût du superlatif comme même Vauvenargues n’en pourrait point rêver. Adorno est en effet selon Sergiu « le plus grand bavard de l’histoire de l’humanité»[1]. Celibidache le philosophe n’a rien écrit par pure bonté pour ce pauvre Adorno. Comprenez, il ne voulait pas lui faire de concurrence en matière de bavardage. Seulement, il a juste oublié qu’il devait aussi se taire et a donc majestueusement détrôné Theodor. Cela partait tout de même d’un bon sentiment, on voit à quel point Sergiu est charitable.


On gagne beaucoup à lire les gentillesses que le chef roumain a écrites sur ses contemporains. A commencer par le fameux Herbert von Karajan, le « petit K » méprisé par Wilhelm Furtwängler. Est-ce par fidélité à son maître Furtwängler, qu’il remplaça un temps à la tête du Berliner Philharmoniker, que Celibidache déteste Karajan ? Les mauvaises langues murmurent que le fait que l’orchestre lui a préféré ce même Karajan à la mort de Furtwängler aurait pu contribuer à cette fidélité à l’acrimonie du maître. J’entends d’ailleurs La Rochefoucauld me susurrer à l’oreille que « la vertu n’irait pas si loin si la vanité ne lui tenait compagnie ». Que penser donc de Karajan ?  Horriblement mauvais comme chef d’orchestre, nettement meilleur comme homme d’affaires[2]. Au moins Celibidache lui reconnaît le mérite d’avoir eu un grand sens des affaires. Mais pour être honnête, moi qui connais un certain nombre d’hommes d’affaires, je n’en n’ai encore jamais entendu un seul diriger la cinquième comme le petit K. Ne vous inquiétez pas, Hans Knappertsbusch a eu droit à pire : il est « un scandale », « anti-musical comme c’est pas permis » [3]. Pour un chef d’orchestre, c’est problématique. En plus, lui n’a même pas eu la chance d’avoir le sens des affaires, je me demande donc comment il a gagné sa vie.


D’un autre côté, Knappertsbusch peut bien être « un scandale », puisqu’Arturo Toscanini, qui est souvent considéré comme le plus grand  chef du XXème siècle, s’avère être « une pure usine à faire des notes »[4]. Au moins, Arturo « fabrique » de la musique. Certes il s'agit de musique industrielle, mais on voit  tout de même que Celibidache était conscient de sa valeur, comme d’ailleurs,de la sienne propre, on s’en rend aisément compte. En revanche, je trouve à cette « pure usine à faire des notes » une sonorité quelque peu germanique. Toscanini, cela ne sonne pourtant pas comme « Fabrik », ni comme « arbeiten »[5]. Mais, si je me laisse guider par le maestro Celibidache, je dirais que cela sonne tout de même comme un produit d’usine, Ferrari peut-être? De là à dire que Toscanini est la Ferrari de la direction d’orchestre, il n’y a qu’un pas. D’autant que si Arturo l’Italien est une Ferrari, Sergiu, le Roumain, doit être un char à bœuf, ou peut-être une Trabant, deux véhicules qui allient souplesse et légèreté. Ricardo Muti, un autre Italien, a plus de chance puisqu’il est « doué », seulement, il est aussi « profondément inculte » [6]. Pourtant la province de Naples, dont il est natif, ne manque pas de terres arables. Cela reste mieux que Claudio Abbado qui est quant à lui « dépourvu de la plus infime once de talent » et dont la musique est « une torture »[7] pour les oreilles. Celibidache, qui, à en juger par sa corpulence, se privait rarement de nourriture, affirme même qu’il peut « survivre à trois semaines sans manger » mais pas à « trois heures d’un [concert d’Abbado] » sous peine d’infarctus. Il est donc clair qu’il ne digérait pas la cuisine du chef Abbado[8]. Mais on lui pardonne, il ne connaissait  pas la techtonik, autrement il aurait compris que la musique de Claudio ne saurait être la cause d’infarctus la plus radicalement efficace.


On pourrait du coup penser que Celibidache avait quelque chose contre les Italiens comme Abbado et les Allemands comme Karajan. Mais, être allemand ou italien serait toujours plus appréciable que la condition de Leonard Bernstein et Zubin Mehta qui sont pour ainsi dire rayés de la carte, puisqu’ils « n’existent pas dans [le]  monde [du maestro] »[9]. Je réserve le meilleur pour la fin, in cauda venenum ou last but not least, selon que l’on voit le verre à moitié vide ou à moitié plein. Il reste en effet un Allemand, qui n’est autre que le très digne Karl Böhm, lui aussi chef estimé s’il en est, qui n’est en réalité qu’un vulgaire « sac à pommes de terre »[10]. Je me demande comment dirige un sac à pommes de terres ? Heureusement que, pour m’éclairer, Sergiu rajoute qu’il « ne dirige pas en mesure ». Sergiu, homme de mesure aux propos mesurés sait manifestement de quoi il parle. Il faudra donc que je regarde plus attentivement Karli quand il est au pupitre. Mais je n’en reviens pas d’avoir manqué cela! Quand même, prendre de la toile de jute pour un habit de soirée, j’ai beau ne pas avoir mes lunettes… Du coup, je me dis que je devrais aussi regarder Celibidache de plus près, qui sait, peut-être que je verrai un énorme phacochère en rut ?


Il se trouve qu’un certain Carlos Kleiber, chef d’une discrétion et d’une sensibilité légendaires a lui aussi beaucoup aimé les réflexions du maestro Celibidache rassemblées par l’hebdomadaire der Spiegel dans un article de 1989. A tel point que, lui qui n’a jamais donné d’interview et qui s’exprimait avec une parcimonie béotienne en public, a envoyé une lettre « anonyme » au journal. Lettre dans la quelle il explique au nom du défunt Toscanini à quel point il apprécie la sagesse de Sergiu. Je me propose de traduire ici cette lettre fort plaisante. Et  je m'excuse par avance  pour toutes ces notes (de bas de page hélas, et non pas de musique, j’en serais bien incapable).

 


Cher Sergiu !


Nous avons eu de tes nouvelles par le Spiegel. Franchement, tu commences à nous taper sur les nerfs, mais, nous te pardonnons. Il faut dire que nous n’avons plus grand’ chose d’autre à faire, ici, vois-tu, il est de bon ton de pardonner. Karli le sac à pomme de terre[11] avait bien quelques objections à formuler, mais comme Kna[12] et moi l’avons raisonné et l’avons assuré qu’il avait bien l’oreille musicale, il a fini par arrêter de se lamenter.


Wilhelm[13] nous a soutenu mordicus qu’il n’avait jamais entendu parler de toi. Joseph, Wolfgang Amadeus, Ludwig, Johannes et Anton[14] ont dit qu’ils préféraient que les deuxièmes violons soient sur le côté droit de l’orchestre et que tous tes tempos étaient faux[15]. Mais à vrai dire, ils s’en fichent royalement, c’est ton affaire. De toute façon, là-haut, on n’a pas le droit de parler affaires. Le Boss l’interdit.


Un vieux maître zen, qui habite juste à côté, a dit que tu as compris le bouddhisme zen complètement de travers[16]. Bruno[17]a failli s’étrangler de rire en lisant tes remarques. Je le soupçonne d’approuver secrètement tes jugements sur Karli et sur ma personne. Peut-être que, pour changer, tu pourrais dire quelque méchanceté sur son compte, parce que là, il se sent vraiment exclu ?


Je suis désolé de devoir te dire ceci, mais là-haut, ils sont tous fous d’Herbert[18], les chefs d’orchestre sont peut-être même un tant soit peu un peu jaloux. Nous avons grand’ peine à contenir notre impatience de pouvoir l’accueillir parmi nous dans une quinzaine, voire une vingtaine d’années. Seulement quel dommage : tu ne seras pas là pour voir cela ! Mais on dit qu’à l’endroit où tu iras, on cuisine beaucoup mieux[19] et que là-bas, les orchestres répètent à l’infini[20]. Ils font même quelques petites fautes exprès pour que tu puisses passer l’éternité à les corriger.


Je suis certain que tu vas te plaire là-bas plaire Sergiu ! Chez nous, là-haut, les anges lisent directement dans les yeux des compositeurs, et nous chefs d’orchestre avons simplement besoin d’écouter. Dieu seul sait comment j’ai bien pu me retrouver là.


Arturo qui te souhaite en toute amitié tout le plaisir du monde.

 

Merci cher Arturo, comme l’écrivait Cioran, un compatriote de Sergiu, « le plus grand malheur pour un artiste, c’est d’être compris de son vivant ».  Ne crois-tu pas que le maestro s’est préparé des délices éternels car il n’aura été compréhensible, je veux dire « compris », ni de son vivant, ni après sa mort ?

 

 

Signé: Le Chapelier fou

 


Original de la lettre à Sergiu :


Lieber Sergiu!


Wir haben im SPIEGEL von Dir gelesen. Du nervst, aber wir vergeben Dir. Es bleibt uns nichts anderes übrig: Vergeben gehört hier zum guten Ton. Kartoffelsack-Karli erhob einige Einwände, aber als Kna und ich ihm gut zugeredet und ihm versichert haben, daß er musikalisch sei, hörte er auf zu lamentieren.


Wilhelm behauptet jetzt plötzlich steif und fest, daß er Deinen Namen noch nie gehört hat. Papa Joseph, Wolfgang Amadeus, Ludwig, Johannes und An ton sagen, daß ihnen die zweiten Violinen auf der rechten Seite lieber und daß Deine Tempi alle falsch sind. Aber eigentlich kümmern sie sich einen Dreck drum. Hier oben darf man sich sowieso nicht um Dreck kümmern. Der Boss will es nicht.


Ein alter Meister des Zen, der gleich nebenan wohnt, sagt, daß Du den Zen-Buddhismus total falsch verstanden hast. Bruno hat sich über Deine Bemerkungen halb krankgelacht. Ich habe den Verdacht, daß er Dein Urteil über mich und  Karli insgeheim teilt.  Vielleicht könntest Du zur Abwechslung mal auch was Gemeines über ihn sagen, er fühlt sich sonst so ausgeschlossen.


Es tut mir leid, Dir das sagen zu müssen, aber hier oben sind alle ganz verrückt nach Herbert, ja die Dirigenten sind sogar ein klein bißchen eifersüchtig auf ihn. Wir können es kaum erwarten, ihn in etwa fünfzehn bis zwanzig Jahren hier herzlich willkommen zu heißen. Schade, daß Du dann nicht dabei sein kannst. Aber man sagt, daß dort, wo Du hinkommst, viel besser gekocht wird und daß die Orchester dort unten endlos proben. Sie machen sogar absichtlich kleine Fehler, damit Du sie bis in alle Ewigkeit korrigieren kannst.


Ich bin sicher, daß Dir das gefallen wird, Sergiu. Hier oben lesen die Engel alles direkt von den Augen der Komponisten ab, wir Dirigenten brauchen nur zuzuhören. Nur Gott weiß, wie ich hierher gekommen bin.


Viel Spaß wünscht Dir in aller Liebe Arturo.

 


Sources


Malte Fisher, Jens (2007), Carlos Kleiber, Der skrupulöse Exzentriker, Wallstein Verlag.

Umbach, Klaus (1989), „Sergiu Celibidache, Potpourri der Flegeleien“, Der Spiegel, Nr.16. (URL: http://www.hiller-musik.de/celiumbach2.htm)

Werner, Alexander (2008), Carlos Kleiber, eine Biographie, Die Legendäre: langsamer Rückzug, Tokyo/München 1989/1992: Konversation mit Celibidache, Schott Verlag, p. 449-453.



[1] Adorno : „der größte Schwätzer der Weltgeschichte" . Cette citation comme les suivante est extraite de Umbach, Klaus (1989), „Sergiu Celibidache, Potpourri der Flegeleien“, Der Spiegel, Nr. 16.

[2] Karajan : „ Schrecklich. Entweder ist er ein guter Geschäftsmann, oder er kann nicht hören.“

[3] Hans Knappertsbusch : „ein Skandal“, „Unmusik bis dorthinaus“.

[4] Arturo Toscanini : „eine reine Notenfabrik“.

[5] Les mots allemands pour « usine » et « travail ».

[6] Riccardo Muti : „begabt, aber ein enormer Ignorant“.

[7] Claudio Abbado :  „Ein völlig unbegabter Mensch. Eine Qual. Drei Wochen ohne Essen würde ich überleben. Drei Stunden in seinem Konzert – Herzinfarkt “.

[8] Il est impossible de jouer sur le mot chef en allemand ni en anglais, le mot « chef d’orchestre » se disant respectivement « Dirigent » et « conductor ».

[9] Leonard Bernstein et Zubin Mehta : „kommen in meiner Welt nicht vor“.

[10] Karl Böhm  : „Kartoffelsack“, dirigierte „noch keinen einzigen Takt Musik in seinem Leben“.

[11] Il s’agit de Karl Böhm.

[12] Hans Knappertsbusch.

[13] Wilhelm Furtwängler, chef que Celibidache tenait en haute estime.

[14] Respectivement Mozart, Beethoven, Brahms et Bruckner.  Notons que Celibidache accordait justement une grande importance à ses interprétations de Bruckner.

[15] Kleiber était connu pour ses tempos rapides, Celibidache au contraire détestait ce qui était « trop » rapide. Il en aurait d’ailleurs fait la remarque à Kleiber lors d’une rencontre fortuite.

[16] Celibidache était, je le rappelle, un adepte de la spiritualité bouddhiste.

[17] Bruno Walter, autre grand chef.

[18] Herbert von Karajan pour lequel Kleiber avait la plus grande estime, estime d’ailleurs tout à fait réciproque.

[19] L’allusion à la cuisine est aussi une métaphore pour désigner l’enfer, par opposition au paradis où sont censés se trouver Arturo Toscanini et les autres grands chefs et compositeurs. C’est peut-être aussi une allusion à la corpulence de Celibidache, ou à cette remarque faite par lui sur Abbado, selon laquelle il pourrait rester trois semaines sans manger mais pas survivre à trois heures de concert dirigé par le chef milanais.

[20] Celibidache était connu pour faire répéter ses orchestres bien plus que les autres chefs. Ceci dit, ni Carlos Kleiber, ni d’ailleurs son père Erich Kleiber, n’étaient en reste quand il s’agissait de demander des répétitions.

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 23:59









Je publie ici un poème de Duke Ellington (1899-1974) qu’il consacre à celle qu’il appelle « sa maîtresse », la musique. A vrai dire le texte est intéressant tant par lui-même, que de par le personnage qui l’a écrit. Duke Ellington est qualifié à raison de « géant du jazz », amusant pour quelqu’un qui ne rêvait initialement que de base-ball et qui sautait volontiers ses leçons de piano. Mais il faut dire que la musique courrait dans la famille, puisque ses deux parents étaient pianistes. C’est une personnalité particulière, un enfant noir qui a grandi dans une famille aisée de Washington. Un enfant très marqué par sa mère, une femme qui avait de belles manières, ce qui lui vaudra à lui-même le titre de « duke » décerné par ses camarades. Un artiste qui a commencé par composer et jouer d’oreille, tardant à apprendre à lire et écrire la musique. Un chef qui a su créer, mener et inspirer des orchestres, comme les Washingtonians de ses débuts new-yorkais. C’est un rassembleur, les plus grands ont joué avec lui : Count Basie, Frank Sinatra, George Huston Louis Armstrong, Ella Fitzgerald, John Coltrane, ses orchestres ont compté pour un temps des talents comme Jo Trent ou Sidney Bechet.

 

Texte de Duke Ellington



What is music to you?

What would you be without music?
Music is everything.
Nature is music (cicadas in the tropical night).
The sea is music. The wind is music.
Primitive elements are music, agreeable or discordant.
The rain drumming on the roof,
And the storm raging in the sky are music.
Every country in the world has its own music,
And the music becomes an ambassador;
The tango in
Argentina and calypso in Antilles.
Music is the oldest entity.
A baby is born, and music puts him to sleep.
He can't read, he can't understand a picture,
But he will listen to music.
Music is marriage.
Music is death.
The scope of music is immense and infinite.
It is the "esperanto" of the world.
Music arouses courage and leads you to war.
The Romans used to have drums rolling before they attacked.
We have the bugle to sound reveille and pay homage to the brave warrior.
The Marseillaise has led many generations to victories or revolutions;
It is a chant of wild excitement, and delirium, and pride.
Music is eternal, Music is devine.
You pray to your God with music.
Music can dictate moods,
It can ennerve or subdue,
Subjugate, exhaust, astound the heart.
Music is a cedar,
An evergreen tree of fragrant, durable wood.
Music is like honor and pride,
Free from defect, damage, or decay.
Without music I may feel blind, atrophied, incomplete, inexistent.

Music is my Mistress
, 1973
Duke Ellington (1899-1974)



 

Que signifie la musique pour vous ?

Que seriez-vous sans musique ?

La musique est tout.

La nature est musique (écoute les cigales dans la nuit tropicale).

La mer est musique. Le vent est musique.

Les éléments sont une musique, agréable ou discordante.

La pluie qui tambourine sur le toit,

Et la tempête qui fait rage dans le ciel sont aussi musique.

Chaque pays dans le monde a sa propre musique,

Et la musique est un ambassadeur ;

Le tango en Argentine, et la calypso dans aux Antilles.

La musique est la plus vieille entité,

Un bébé qui vient de naître est bercé par la musique,

Il ne sait pas lire, ni ne peut comprendre une image,

Mais il écoutera la musique

La musique est mariage.

La musique est mort.

Le spectre de la musique est immense et infini

C’est l’espéranto de notre monde

La musique excite le courage et mène à la guerre

Les Romains faisaient rouler leurs tambours avant la bataille

Le clairon sonne le réveil et rend hommage aux braves guerriers

La Marseillaise a mené des générations à la victoire ou à la révolution ;

C’est un chant de déchaînement sauvage, de délire et de fierté

La musique est éternelle, la musique est divine,

Nous prions  Dieu avec de la musique

La musique nous dicte notre humeur,

Elle peut calmer ou exciter

Subjuguer, épuiser, étonner notre cœur

La musique est un cèdre

Un arbre toujours vert d’un bois odoriférant et solide.

La musique est l’honneur et la fierté

Parfaite, inaltérable, immortelle

Sans musique je me sentirais aveugle, atrophié, incomplet, inexistant.










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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 12:26

 




 

Jussi Björling (1911-1960) figure parmi les grands ténors de la première moitié du XXème siècle, aux côtés de John McCormack,  Gerorge Thill,  Enrico Caruso, et autres Beniamino Gigli. Le chanteur suédois interprète ici le lied traditionnel Värmlandsvisan. Il s'agit à l'origine d'un poème de 1822, composé par Anders Fryxell, qui chante les beautés du Värmeland, province de l’ouest de la Suède. Le lied qui en est tiré est composé en 1846, par Fredrick August Dahlgren, à partir d’une mélodie traditionnelle. Ce lied a d'ailleurs inspiré Bedrich Smetana dans les poèmes six poèmes symphoniques de Má vlast (Ma Partie) (1879), en particulier pour la  fameuse Moldau. Il également entré dans le répertoire du jazz, puisque Stan Getz (1927-1991) s'en est géalement inspiré pour Dear Old Stockholm



Texte d’Anders Fryxell/Fredrick August Dahlgren (1822/1846)

 

 

 

Ack, Värmeland, du sköna, du härliga land,

du krona bland Svea rikes länder!

Och komme jag än mitt i det förlovade land,

till Värmland jag ändå återvänder.

Ja, där vill jag leva, ja, där vill jag dö.

Om en gång ifrån Värmland jag tager mig en mö,

så vet jag att aldrig jag mig ångrar.

 

I Värmeland är lustigt att leva och att bo.
Det landet jag prisar så gärna.
Där klappar det hjärtan med heder och med tro
så fasta som bergenas kärna.

Och var och en svensk uti Svea rikes land,

som kommer att gästa vid Klarälvens strand,

han finner blott bröder och systrar.

 

I Värmeland -ja, där vill jag bygga och bo,
med enklaste lycka förnöjder.

Dess dalar och skog ge mig tystnadens ro,

och luften är frisk på dess höjder.
Och forsarna sjunga sin ljuvliga sång –

vid den vill jag somna så stilla en gång
och vila i värmländska jorden.

 

 

Traduction


(ma propre traduction, à ma connaissance la seule traduction française disponible)

 


 

Oh Värmeland, belle, radieuse terre,

Joyau des provinces suèdoises !

Si un jour je trouve la terre promise,

Je retournerai quand même à mon cher Värmeland !

C’est ici que je veux vivre et mourir,

Et si un jour je prends femme au Värmeland,

Je sais que jamais je ne le regretterai.

 

En Värmeland on fait sa vie et son nid gaiement.

Dans ce pays que je loue avec joie,

Où les cœurs battent avec honneur et foi

Fermes comme le cœur des montagnes,

Chaque suédois du royaume de suède,

Qui se fait l’hôte des rives étroites du fleuve Klaräven,

Ne trouvera que des frères et des sœurs.

 

En Värmeland, je veux vivre, bâtir ma maison,

Et goûter un bonheur simple.

Les vallées et les forêts m’emplissent d’un silence paisible,

L’air est si frais sur les sommets,

Les cascades chantent leur charmante chanson

Et c’est cette chanson qui me bercera

Quand je reposerai dans la terre de Värmeland.

 


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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 22:57

 

 

 

 

 

El huésped del Sevilano est une zarzuela en deux actes de Jacinto Guerrero (1895-1951), sur un livret de Juan Ignacio Luca de Tena et Enrique Reoyo, et dont la première représentation fut donnée en décembre 1926 au Teatro Apolo de Mardid. La pièce est un hommage à l’âge d’or de la Castille et à son cœur spirituel : Tolède. Ainsi peut-on y rencontrer Miguel de Cervantès et l’entendre louer l’étrange mélange de poètes, de soldats, de mystiques, et d’aventuriers, qui peuple  la terre de Don Quichotte. Le passsage suivant est une romance chantée par Juan-Luis pour son amour Raquel, qu’il veut délivrer de sa prison. Bien qu’il soit court, ce morceau est considéré comme l’un des plus beaux de la zarzuela, surtout lorsqu'il est chanté par Kraus...

 

 

 

Texte de Juan Ignacio Luca de Tena et Enrique Reoyo

 

 

 

Mujer de los negros ojos,
la de la trenza morena.
Mujer de los labios rojos
como la flor del amor.
Mujer de perfil gitano,
que tiene sangre agarena ...
¡Mujer de cuerpo pagano,
eres llama, verso y flor!

Raquel, tras de ese muro prisionera,
mi amor de tu prisión viene a librarte.
¡Mujer, el que te dio su vida entera,
morir sabrá por ti para salvarte!

 


 

Traduction (personnelle)

 

 

Femme aux yeux sombres,

Et à la tresse d’ébène.

Femme aux lèvres pourpres

Pareilles à la fleur de l’amour.

Femme aux traits de gitane,

Du sang maure coule dans tes veines…

Femme au corps païen,

Tu es mon poème et ma fleur

 

Raquel, prisonnière de ces murs

Mon amour vient te délivrer.

Femme, celui qui t’a donné sa vie entière,

Saura mourir en te sauvant !

 

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26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 22:22

 

 



 

 

La Tabernera del puerto est une zarzuela en trois actes de Pablo Sorozabal (1897--1988), sur un texte de Frederico Romero Sarachaga et Guillermo Fernandez-Shaw Iturralde,  dont la première représentation fut donnée avril 1936 au Teatro Tivoli de Barcelone. Le passage choisi (Romanza de Leandro) est chanté par Leandro qui s’interroge sur son amour, Marola. Encore une fois, je recommande l’interprétation qu’en donne le ténor espagnol Alfredo Kraus (1927-1999).

 

 

 

Texte de Frederico Romero Sarachaga et Guillermo Fernandez-Shaw Iturralde


 

¡No puede ser! Esa mujer es buena.
¡No puede ser una mujer malvada!
En su mirar como una luz singular
he visto que esa mujer es una desventurada.

No puede ser una vulgar sirena
que envenenó las horas de mi vida.
¡No puede ser! porque la ví rezar,
porque la ví querer,
porque la ví llorar.

Los ojos que lloran no saben mentir;
las malas mujeres no miran así.
Temblando en sus ojos dos lágrimas ví
y a mi me ilusiona que tiemblen por mí.

Viva luz de mi ilusión,
sé piadosa con mi amor,
porque no sé fingir,
porque no sé callar,
porque no sé vivir.

 

 


Traduction (personnelle)

 

 

 

Ce n’est pas possible ! Cette femme a bon cœur.

Elle ne peut être mauvaise !

J’ai vu dans son regard

Luire l’étrange lumière du malheur.

 

Elle ne peut être une vulgaire sirène

Qui a empoisonné chaque heure de ma vie.

Ce n’est pas possible ! Parce que je l’ai vue rire,

Parce que je l’ai vue prier,

Parce que je l’ai vue pleurer.

 

Les yeux qui pleurent ne savent pas mentir;

Les femmes mauvaises n’ont pas ce regard.

J’ai vu deux larmes briller dans ses yeux

J’espère qu’elles brillent pour moi.

 

Chère lueur de mes illusions,

Prends pitié de mon amour,

Parce que je ne peux faire semblant

Parce que je ne peux me taire

Parce que je ne peux vivre.

 

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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 11:06

 

 


 

 


La Dolorosa est une zarzuela en deux actes composée par José Serrano (1873-1941), sur un texte de J.J. Lorente, dont la première représentation fut donnée en mai 1930 au Teatro Apolo de Valence. Le passage suivant (Relato de Rafael, 1er Acte) donne à entendre la composition du moine Rafael, qui connaît tourments spirituels dans son couvent et cherche à créer une grande œuvre ayant pour thème les souffrances de la Vierge. Je ne peux que recommander la remarquable interprétation qu’en donne le regretté ténor espagnol Alfredo Kraus (1927-1999).





Texte de J.J. Lorente

La roca fría del Calvario
se oculta en negra nube.
Por un sendero solitario
la Virgen Madre sube.
Camina,
y es su cara morena
 flor de azucena
 que ha perdido el color.
 Y en su pecho,
 lacerado, se han clavado
 las espinas del dolor.
Su cuerpo vacilante se dobla
 al peso de la pena;
pero sigue adelante.
Camina,
y sus labios de hielo
besan el suelo,
donde brota una flor
en cada gota de sangre
derramada por
Jesús el Redentor.
Sombra peregrina,
emblema del amor hecho luz,
camina,
camina ligera
que el Hijo la espera
 muerto en la Cruz.
¡Mujer y Madre!
De todo lo del mundo,
lo más sagrado.



Traduction

(ma propre traduction)

Le froid rocher
Du Mont Calvaire
Est voilé
D’un sombre nuage
La vierge solitaire
Va son chemin.
Son cher visage
Du lis immaculé
A pris la couleur :
Elle porte clouées
A sa poitrine blessée
Les épines de la douleur.
Son corps tremblant
Ploie
Sous le poids
Du chagrin, mais elle
Va son chemin.
De ses lèvres de glace
Elle baise le sol
Tendrement
Chaque fois
Qu’elle voit
Une fleur Née du sang
De Jésus Sauveur.
Ombre éblouissante
Elle va son chemin
L’amour devient
Lumière jaillissante.
Elle marche en se pressant
Parce que le Fils l’attend
Mourrant crucifié.
Femme et mère !
Qu’il y a-t-il de plus sacré
Sur terre ?


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  • : « Il pourrait se trouver, parmi [mes lecteurs] quelqu’un de plus ingénieux ou de plus indulgent, qui prendra en me lisant ma défense contre moi-même. C’est à ce lecteur bienveillant, inconnu et peut-être introuvable, que j’offre le travail que je vais entreprendre. Je lui confie ma cause ; je le remercie d’avance de se charger de la défendre ; elle pourra paraître mauvaise à bien du monde ! » (Mémoires de la Duchesse de Dino, 1831)
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